On veut pouvoir proposer des espaces bis ou la seule non-mixité de rigueur serait d’être bi·e.
On aimerait dépasser la dichotomie genrée mise en place sur les espaces queer, et mettre en priorité notre bisexualité, avant nos genres.
Nous ne sommes pas convaincu·es par la misandrie. Si nous pensons qu’il est nécessaire aujourd’hui de réfléchir à la question “qu’est-ce que la culture bie ?” Il nous paraît dans la même lignée de proposer cette réflexion à toute la communauté bie, et donc également les mecs cis.
Nous pensons aussi que proposer un espace en non-mixité bie, qui inclut tous les genres, permet aussi aux personnes trans de pouvoir penser leur bisexualité en collectif sans avoir à justifier de leur genre auprès de ce même collectif.
Les espaces de non-mixité sont précieux et nécessaires. Ils permettent à aux personnes concernées de créer un endroit indispensable pour faire lien en collectif, et pouvoir créer des ressources et outils nécessaires pour faire face à des oppressions et des discriminations qui ont lieu en dehors de la non-mixité choisie.
Nous pensons aussi que l’exclusion systématique des hommes cis de ces espaces pose une réelle question militante, sociale, politique. Ce n’est pas les espaces de non-mixité que nous remettons en question, c’est la pertinence dans le cadre de la militance bisexuelle de la forme spécifique non mixité FLINTA ou “non mixité choisie” systématiquement “sans mecs cis”. Nous souhaitons accueillir toutes les personnes, quelque soit leur·s genre·s, car parmi celles-ci sont certainement des personnes en questionnement. Nous souhaitons créer un espace qui leur permet de construire des liens et de pouvoir être entendues.
Le vrai problème chez les cis hétéros, c’est quand les cis sont aussi hétéros. Au sein de nos amours et de notre sexualité, c’est la culture hétérosexuelle qui pose problème. Aussi, une personne qui s’interdit les espaces queers par peur du stigmate biphobe je ne suis pas assez queer, ne trouvera pas plus sa place dans les espaces hétéros, mais ne s’autorisera pas à s’inclure dans des espaces bis, surtout si iel ne peut même pas venir avec saon partenaire, dans le cas où ce partenaire serait un mec cis, ce qui est d’autant plus incompréhensible si le mec est bi aussi.
On aimerait construire une pensée collective et des actions axées autour de définir la biphobie et lutter contre pour et par les bi·es, sans constamment se soucier de ce que le reste du monde
— hétéro ou queer — pense de nous.